La guerre des Rose
Analyse

Barbara Rose (Kathleen Turner) : 8

Dès sa rencontre avec Oliver, Barbara montre sa puissance. Elle l'aperçoit (le regard qu'elle pose sur lui à ce moment-là est celui d'un prédateur), entre en rivalité avec lui pour l'achat aux enchères d'un ivoire japonais et gagne bien sûr, lui démontre ses talents de gymnaste habile à faire le poirier qui l'affole. Le poisson est ferré : elle n'a plus qu'à partir en courant pour qu'il la rattrape. On peut noter dès cette première scène le refus de la faiblesse : comme elle il pleut très fortement et qu'Oliver lui donne son imperméable, Barbara répond : "Merci. J'adore la pluie."

Cela se termine, comme il se doit dans un lit, où elle lui fait croire (Vrai ? Faux ?) qu'il lui a fait découvrir le plaisir et en profite pour lui proposer le mariage. Au passage, elle manifeste son penchant pour un langage assez direct : "Oh ! C'est le retour du grand chauve à col roulé."

On dirait que Barbara a, en un instant, jaugé Oliver et su ce qui le ferait réagir, notamment le goût de la compétition et le souci de l'image.

Ce besoin de briller lui devient vite insupportable, surtout quand cela conduit Oliver à lui demander de raconter une anecdote, puis à la finir à sa place pour que l'histoire soit plus brillante. Le moins qu'on puisse dire est qu'elle ne lui fait pas de cadeau  :

  Oliver : Et bien, je crois que tout le monde a passé une bonne soirée. Qu'est-ce que t'en penses ?
  Barbara : Pour résumer, je répondrais non.
  Oliver : Désolé. Tu te perdais dans les détails. Je me demandais si…
  Barbara : [Elle l'interrompt.] Raconte tes histoires tout seul la prochaine fois puisque tu tiens tellement à plaire à ces gens. Pauvre con.
  Oliver : Ces gens sont mes patrons.
    (…)
  Barbara : Et cette façon de t'esclaffer. [Elle l'imite.] Hé ! Hé ! Hé ! Hé !
  Oliver : Je suis désolé. C'était un rire authentique.
  Barbara : Hé ! Hé ! Hé ! Hé ! Hé ! Hé !
    (…)
  Oliver : Aaah ! J'espère que je ne suis pas passé pour un imbécile.
  Barbara : L'espoir fait vivre.

Cette violence verbale s'exprime à chaque occasion, avant même que la guerre soit déclarée :

  Barbara : T'as vraiment l'air très content de toi.
  Oliver : Excuse-moi.
  Barbara : T'as pas à t'excuser.
  Oliver : J'estime que tout homme doit des excuses à celle qui a le malheur de partager sa vie.
  Barbara : Oh ! Ce que tu peux être bidon !

Quand Barbara pense quelque chose, elle le dit, carrément : "C'est vrai que t'es con." Et tant pis pour les dégâts :

  Barbara : J'étais partie pour l'hôpital, mais j'étais pas du tout inquiète parce que pour moi rien de vraiment dramatique ne peut jamais nous arriver à nous. Et je roulais sur la voie express quand tout d'un coup j'ai eu le pressentiment que tu étais mort. Je me suis imaginée seule dans cette maison sans toi et j'ai eu si peur que j'ai dû m'arrêter.
  Oliver : [Emu.] Ooh ! Maintenant tu n'as plus besoin d'avoir peur. Je suis là.
  Barbara : J'étais heureuse. C'est pour ça que j'ai eu peur.
  Oliver : [Il se retourne, la regarde affolé et allume la lumière.] Tu es train de me dire que tu étais heureuse que je sois mort ?
  Barbara : Ce que j'aimais, c'était l'idée d'être enfin libéré d'un poids.
  Oliver : D'être enfin libéré d'un poids ?
  Barbara : Oui.
  Oliver : Et comment je dois réagir quand ma femme m'annonce qu'elle aurait été heureuse que je sois mort ?
  Barbara : Il fallait que je te le dise.

Barbara ne s'inquiète pas plus de l'opinion des gens que de ce qu'ils ressentent : "Je me contrefous de ce que pensent les autres.", "Je n'ai besoin de personne." Lors du malaise d'Oliver, elle ne pense même pas à prévenir ses enfants et accueille avec une indifférence glaciale la lettre, plutôt émouvante, qu'Oliver lui a écrit :

  Barbara : Je n'arrive pas à te lire.
  Oliver : [Il lui lit la lettre.] Je n'ai même pas eu la force de signer.
  Barbara : Oh ! Je suis sûre qu'on m'aurait dit de qui c'était.

Barbara déteste Benny le chien d'Oliver. Dans la cuisine, elle fait semblant de lui jeter de la nourriture qu'elle donne en fait à Kitty son chat. Le chien bien évidemment cherche et se fait copieusement injurier : "Imbécile !", "Quel abruti !" On sent déjà un certain sadisme qui prendra toute son ampleur avec Oliver.

Là, le recours à la violence physique est fréquent. Elle le gifle avec le contrat pour le dîner à l'ambassade qu'il a mis une semaine à lire, puis comme lui prend cela pour une sorte de jeu et la poursuit, elle le serre violemment entre ses jambes jusqu'à le faire crier de douleur. Lorsqu'elle lui annonce sa volonté de divorcer et qu'il en demande les raisons, elle précise :

  Barbara : Quand je te regarde manger, quand je te regarde dormir, dès que je suis en ta présence, j'ai envie de te mettre ma main sur la figure.
  Oliver : Te gêne pas. Frappe-moi pour voir. Vas-y. Frappe-moi.
  Barbara : [Sans un mot, elle l'envoie valser d'un coup de poing.]

Le plus souvent, Barbara exprime sa violence immédiatement. Quand ce n'est pas possible ou quand elle choisit de ne pas le faire, elle se souvient de l'incident jusqu'à ce qu'elle puisse relever le gant. Ainsi, dix-sept ans après, elle accroche triomphalement en haut du sapin de Noël l'étoile qu'il avait trouvée "ringarde".

Quand Barbara veut quelque chose, elle y consacre toute son énergie pendant le temps nécessaire. Elle guette avec détermination la maison qui lui plaît et attend le temps qu'il faut jusqu'à ce que le décès de la propriétaire lui donne l'occasion de l'acquérir :

  Carolyn : Ça fait des années que tu fais ça. Ça ne donne jamais rien.
  Barbara : Elle est trop belle. J'adore cette maison.
  Carolyn : Tu perds ton temps.
  Barbara : Je vous parie que je l'aurais. Cinq dollars ! Tu paries ?
  Carolyn : Y'en a marre.

Tous les moyens sont bons. Pour avoir la maison, elle essaye d'apitoyer Gavin, puis joue sur son penchant pour la sexualité : "L'amour vache, ça te branche pas ?" Si cela ne fonctionne pas, ce n'est pas grave ("J'ai tenté ma chance.") ; elle essaiera autrement.

Rien ne peut la faire changer d'avis : "Je ne ferai aucun compromis". Renoncer serait une faiblesse inacceptable.

  Oliver : Je suis persuadé qu'il y a un moyen de tout rattraper. Qu'est-ce qu'il faut faire ?
  Barbara : Rien du tout.

Barbara préfère détruire les objets auxquels elle tient le plus plutôt que de les laisser à Oliver :

  Oliver : Pas les porcelaines ! Tu les aimes autant que moi.
  Barbara : Plus encore.

Quand Oliver s'est emparé de la statuette japonaise (valeur 250 dollars) et la met en balance avec la maison, elle campe sur ses positions :

  Oliver : Tu sais quoi ? Tu dis que c'est à moi et tout ce qui reste dans la maison, je te le laisse.
  Barbara : Je dis que c'est à moi.

Elle sera aussi intransigeante quelques instants plus tard quand elle se retrouve accrochée au lustre. Elle sait qu'il va tomber puisqu'elle a elle-même dévissé les boulons qui le retenaient dans l'espoir qu'il tombe sur Oliver. Et pourtant :

  Oliver : Je suis disposé à te tirer de là en échange de la maison.
  Barbara : Non.

Une telle haine ne peut pas laisser de place au pardon. Quand, après la chute du lustre, Oliver et Barbara se retrouvent mourants sur le sol, il pose sa main sur son bras et son dernier geste avant d'expirer est de la rejeter.

Identification avancée : Barbara est un 8 α de sous-type conservation ("Survie"). Pendant le début du film, elle montre plutôt une aile 9 (narcotisation avec excès aux chaussures et aux porcelaines, par exemple). Durant la deuxième partie, la guerre proprement dite, elle s'appuie plutôt sur son aile 7.

Oliver Rose (Michael Douglas) : ?

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